« Jeunes gens qui me lirez, peut-être pensez y, les bûchers ne sont jamais éteints, et le feu peut reprendre »
(Paul Seghers)
Reportage et photos Jacky Cortot
IL y a 60 ans, Comblanchien était victime de la barbarie nazie. Le village a payé le prix de son attachement aux valeurs républicaines et patriotiques anéanties par l’occupant, qui, rageusement, voulait en finir avec ce village de Comblanchien qu’il haïssait tant.
Samedi 21 août 2004, pour relater ces douloureux événements, le maire Pierre Blondan, entouré de quelques conseillers municipaux et sapeurs-pompiers, avait choisi de lire, rompant avec la tradition, et c’est tant mieux, le poème écrit par Louis Chenu de Chevigny en Valière (71 ) en décembre 1944, dont voici quelques lignes :
« C’était le soir du 21 août
Le silence régnait partout
Sauf sur le rail et sur la route
Où le boche déjà fuyait !
Certain de ce qu’il attendait
La nuit montait, il faisait sombre
Et comme chaque soir dans l’ombre
Sentant son front s’appesantir
Le village allait s’endormir
Avec la suprême espérance
D’une prochaine délivrance »
Devant le monument du souvenir, dans cette pierre de Comblanchien, dans laquelle sont gravés les noms des huit malheureuses et innocentes victimes étaient réunis, parmi une foule nombreuse, François Patriat président de la Région Bourgogne et ancien ministre, Alain Suguenot, député maire de Beaune, Jean-Pierre Rebourgeon, vice- président du Conseil Général, Pierre- Alexande Privolt et Jean Claude Robert conseillers généraux, quelques maires du canton, un représentant de la Gendarmerie, Jean Pierre Descombard président de l’U.N.C. et monsieur l’abbé Frot, curé du secteur. Madame la sous Préfète s’était excusée. madame Aline Chauvenet, épouse du regretté et fidèle Marcel, président de l’Amicale des anciens maquisards du canton de Nuits-Saint-Georges, décédé au début de l’année était présente
Une trentaine de portes drapeaux d’associations d’anciens combattants, et autres associations patriotiques encadraient la stèle du souvenir.
Moment solennel, inhabituel et plein d’émotions, lorsque Sébastien Querry animateur avec son frère Philippe de la sono "formule 3", interpréta, à capella, une vibrante Marseillaise, clôturant ainsi la cérémonie devant les monuments des deux guerres.
A la salle des fêtes, le maire remerciait tous les présents et exprimait toute sa satisfaction devant toute cette assistance qui sait encore se souvenir. Il remerciait plus particulièrement ses collègues maires du canton, les conseillers généraux, François Patriat qui en est à sa 24° commémoration, les portes drapeaux, les familles des fusillés, madame Christiane Durand, première adjointe, madame Nadine Taccard conseillère municipale, et Jacky Cortot qui ont monté une exposition évoquant ces événements tragiques du 21 août 1944, et que Pierre Blondan invitait à visiter. Des remerciements étaient aussi adressés aux conseillers municipaux, aux membres des associations du village et autres bénévoles qui ont aidé matériellement à la réussite de cette journée du souvenir.
Un remerciement particulier était adressé à monsieur Boccard, maire de Villy en Auxois, village martyr lui aussi, qui était venu se souvenir avec nous, comme il le fait depuis de nombreuses années, avec une petite délégation.
François Patriat prit ensuite la parole. Il félicita le maire pour la réussite de cette cérémonie, et notamment pour la lecture du poème de François Chenu, qui, à l’instar d’Aragon ou d’Apollinaire ont su traduire, avec beaucoup d’émotion, ce que furent les drames, les calvaires vécus par tous les pays d’Europe. Pour lui, cette manifestation de Comblanchien est incontournable
« pour tous ceux qui aiment leur pays, qui respectent le courage et qui adulent l’abnégation de ceux qui sont tombés ». Pour terminer, évoquant encore le poème cité plus haut, il déclare : « Ce poème nous rappelle tout simplement la beauté de notre pays, mais aussi les grandes âmes de ceux qui avaient choisi le camp de la liberté, mais nous savons aussi que la liberté était pour beaucoup, les camps de la mort, et du risque de la mort…Il faut nous souvenir ! Merci monsieur le maire de m’avoir invité. Je suis heureux de partager, avec vous, ces moments d’émotions »Pour clore cette cérémonie, Etienne Breton-Leroy, historien local, présentait son vidéorama, réalisé à l’initiative de la municipalité, intitulé « Comblanchien 1944/2004- La nuit tragique du 21 au 22 août 1944 ». Des images d’aujourd’hui, aux premières cartes postales de Comblanchien, et, au milieu, la fracture : la nuit du 21 au 22 août 1944. C’est un document sans son, parce que, les images, à elles seules se passent de commentaires !
Ce document présenté était une maquette ; il sera finalisé au printemps 2005, et disponible par la suite en casette vidéo, ou DVD. Les personnes intéressées étaient invitées à remplir un bulletin de renseignements, disponible à la mairie de Comblanchien.
Pierre Blondan adressait ensuite ses félicitations et ses remerciements à Etienne Breton-Leroy, pour la réalisation de ce document, nécessaire au travail de mémoire, suivi de chaleureux applaudissements
Après un vin d’honneur offert par la municipalité, un repas était servi à quelques 160 personnes, sous un chapiteau installé au parc municipal tout proche. Ce fut pour nous, habitants du village, de rencontrer, quelques fois, 60ans après ceux qui l’ont quitté, et qui sont venus partager avec nous, durant une journée, ces moments douloureux de l’histoire du village, mais aussi quelques bons souvenirs dans une ambiance conviviale.