Après avoir enseigné 34 ans à Comblanchien, Jocelyne et Claude AUFFRET sont partis en retraite
C’est
une belle cérémonie à laquelle le Conseil municipal nous a conviés le 19 juin
dernier à la salle des fêtes. Entourés de leur famille, de leurs nombreux amis,
des maires des communes environnantes, et de la population du village, Jocelyne
et Claude Auffret, professeurs des écoles, vont quitter leur fonction après 34
ans de « bons et loyaux services ». Mais, en ce qui concerne ce couple très
estimé, cette formule largement usitée,mérite quelques développements. C’est ce
que va faire Madame Vachon, Inspectrice de l’Education nationale, avec
précision, mais aussi avec quelques pointes d’humour, et anecdotes qui viendront
de temps à autres rompre la solennité d’une allocution.
Jocelyne est née à Beaune, aux célèbres Hospices, Claude est né à La Roche en Brenil, dans ce rude Morvan, où son père exploitait du granit. Ils n’ont qu’un mois et deux jours d’écart, et ce hasard du calendrier voudra qu’ils se trouvent dans la même promotion à l’Ecole normale, 1964-1968, ce qui va les avantager toute leur vie, et bien sûr prendre ensemble leur retraite, ce qu’ils doivent apprécier à l’heure actuelle !
C’est à l’Ecole normale de Dijon qu’ils obtiendront, tous les deux, en 1967, le baccalauréat de sciences expérimentales. C’est ensuite, l’année de formation professionnelle pour tester leurs connaissances auprès de maîtres formateurs talentueux. Pour Claude, c’est à l’école Chevreul à Dijon, en C.P., qu’il exerce ses compétences. Durant cet été 1968 mouvementé, il est en stage quelques semaines à Molphey. Régularité, clarté dans la préparation de ses cours sont les maîtres mots employés par ses examinateurs.
Pour Jocelyne, la directrice du collège de Beaune la remarque tout de suite par son intelligence, et son travail sérieux. D’ailleurs, elle sort première de l’Ecole normale de Dijon. Surveillante à l’Ecole normale de Lons le Saunier, elle passe le C.A.P. d’institutrice avec succès, afin d’être titularisée, puis elle enseigne au collège Jules Ferry de Beaune.
Quant à Claude, à sa sortie de l’Ecole normale, il est envoyé dans son Morvan natal, à Boulois, un petit village qui n’a certainement plus d’école aujourd’hui !
Le voyage de fin de scolarité à l’Ecole normale va les conduire en Tunisie, et là, sur une plage inondée de soleil, c’est, tout naturellement, le début d’une idylle amoureuse, qui se concrétisera par un mariage le 5 avril 1969. Désormais, professionnellement, ils ne se sont plus quittés, et ils ne vont plus nous quitter, puisque, depuis la rentrée de 1970, ils occupent un poste double d’instituteurs, à Comblanchien, lui en élémentaire et directeur en classe unique, elle en maternelle, puis directrice de cette classe. C’est une aubaine pour un couple d’enseignants d’obtenir un tel poste, sans avoir rien demandé !
34
ans au village, c’est enseigner à deux générations. Jocelyne et Claude Auffret
ont exercé ce noble métier, une véritable vocation, avec passion, sans
faiblesse, munis de qualités professionnelles irréprochables, celles innées, et
celles acquises auprès des prestigieuses Ecoles normales. D’ailleurs, ce
dévouement intarissable, Claude Auffret le prouve, en assurant le mercredi, un
soutien pédagogique aux travailleurs du C.A.T. de Nuits Saint Georges, et ce
depuis de nombreuses années. Il ne rechigne pas à travailler le dimanche, et
même pendant les vacances ; « Ce sont des philanthropes, et ceux qui
franchissent le seuil de leur maison le savent bien » assure Madame Vachon !
Félicitant une dernière fois nos deux amis, elle termine son allocution ainsi :
« Nous commémorons ce soir, ensemble, tout ce
travail accompli, tout ce que vous avez donné et reçu. Ne nous laissons pas
aller à la nostalgie, ce qui a été fait et bien fait, constitue le socle de ce
qui reste à faire de votre vie »
Il y a quelques années, Jocelyne et Claude Auffret ont été distingués, mention honorable, médaille de bronze.
Pierre Blondan, maire de Comblanchien, fut un des premiers élèves de Jocelyne Auffret en 1970, alors âgé de cinq ans ! Il informe l’assistance que, 34 ans d’activité à Comblanchien, c’est 4125 jours, 27753 heures d’enseignement dispensés à 700 élèves, sans compter le temps passé au secrétariat de la mairie jusqu’en 1977, et pour cela, il demande à l’ensemble des présents, non pas d’applaudir, mais d’ovationner Jocelyne et Claude Auffret !
Il donnera, plus tard, lecture d’un message de sympathie émanant de Madame Monique Pique, conseillère municipale, absente pour raison de santé.
C’est maintenant à nos deux héros de cette soirée de prendre la parole.
Claude
Auffret remercie tous les intervenants, pour les compliments, les éloges qui
leur sont adressés. 34 ans « d’enracinement » à Comblanchien, au pays de la
pierre et du vin que tous deux apprécie, leurs natures sédentaires, justifient
aussi ce long séjour dans notre commune. Il estime aussi avoir fait à
Comblanchien, un parcours professionnel, somme toute, pas très contraignant,
petites classes, effectifs normaux, et avec la volonté : « d’aller dans une
seule direction : une connaissance de bases solides, permettant une bonne
intégration dans la vie active ». Il évoque ensuite, le souvenirs de ses
anciennes collègues dont certaines sont présentes dans la salle, et notamment la
forte personnalité de Mademoiselle Vacherot, qui a passé 30 ans à Comblanchien,
et appréciée par de nombreux parents d’élèves. Le signataire de ces lignes
estime, qu’elle aussi, aurait mérité amplement les éloges de la collectivité,
lors de son départ en retraite.
Madame Vachon décrit aussi, d’une façon assez subtil, le caractère de nos deux amis. Si Claude est d’un caractère « plus pondéré, réservé, un brin secret », Jocelyne, « la grande pédagogue de la maternelle », derrière une montagne de gentillesses avec ses petits élèves, se montre d’un caractère volontaire, disons aussi que le discours est souvent engagé ainsi : « Comblanchien s’est révélé un village ouvert aux étrangers, au sens large du terme, avec une population sans cesse renouvelée……Comblanchien et ses habitants ont un solide attachement à l’école laïque et républicaine ». Selon elle, c’est grâce à eux si le couple a pu exercer dans d’excellentes conditions morales et matérielles sa noble profession. Elle n’oublie pas tous les maires qui se sont succédés, et qui ont soutenu l’école sans concession, ainsi que les dirigeants et bénévoles de l’A.E.C. ( Association des Ecoles de Comblanchien).
Pour terminer, c’est une belle leçon que nous donne Jocelyne Auffret, quant au rôle de l’enseignement dans un petit village. Elle privilégie « les relations humaines qui restent des valeurs sûres » qui contribuent à la réussite des individus. C’est aussi un hommage rendu à ce tremplin social » qu’est l’école publique qui permet à tous « de s’insérer dans une société de plus en plus complexe ». Dans cette France, menacée de plus en plus par la marchandisation de la culture et de l’instruction, ces quelques lignes doivent retenir toute notre attention !
Maintenant, laissons à Claude Auffret le mot de la fin : « Nous vous remercions et nous éloignons sans vous oublier, car 34 ans au même endroit permet de s’enraciner profondément au cœur d’une communauté qui su développer et encourager des liens qui ne sont plus professionnels, mais amicaux. »
Des applaudissements nourris saluent ces brillantes allocutions.
Et
maintenant, moment inattendu, joie et émotion confondues, lorsque surgissent 34
jeunes élèves de Jocelyne Auffret venant offrir à leur maîtresse 34 roses, pour
34 ans passés au village, et ….34 bises affectueuses en retour ! Oh oui, elle
les aime bien ses petits ! Parents et grands- parents, n’oublieront pas, comment
chaque matin, sur le pas de la porte de l’école, Jocelyne Auffret accueillait
ses petits, sans oublier les précieuses aides maternelles, Madame Vigot
autrefois, Madame Garreau aujourd’hui.
Jocelyne et Claude Auffret se rendent ensuite, place de la mairie, pour la photo souvenir, entourés des différents intervenants, ainsi que d’élèves, et d’ « anciens grands élèves ». Les nombreux photographes qui se pressent devant le groupe sont le témoignage vivant de la sympathie que dégage ce couple d’enseigants.
C’est une page qui se tourne dans la vie du village, et dans celle de Jocelyne et Claude Auffret, à qui nous souhaitons une bonne retraite, riche comme l’a été leur enseignement. Mais, ce n’est qu’un au revoir, nous les reverrons, sans nul doute, à de maintes occasions !
Jacky Cortot